Jean-Pierre Papin

Footballeur, entraîneur et consultant

« C’est ma carrière mon plus beau souvenir, c’est 14 ans de ma vie. »
Illustration de l'épisode 54 du Podcast Le Pompon : Jean-Pierre Papin, Footballeur

Le Pompon – Épisode 54

Pour ce nouvel épisode, j’ai le plaisir de recevoir Jean-Pierre Papin, la légende du foot français aux incalculables titres, mais aussi entraîneur, consultant et fondateur de l’association Neuf de Coeur.

Tout petit, Jean-Pierre voulait être vétérinaire. Le problème c’est qu’il n’était pas très doué en maths. Les portes se sont donc fermées pour lui mais l’une de ses filles a repris le flambeau et est vétérinaire aujourd’hui.

Jean-Pierre avait aussi un autre rêve étant petit, celui de jouer au foot et de devenir pro. Il a commencé à jouer dans un club à l’âge de 7 ans et depuis il n’a eu que ça en tête.

J’ai tout lâché pour me consacrer qu’à ça.

Il a arrêté ses études pour se concentrer sur sa passion du foot et a mis toutes les chances de son côté.
Jusqu’à ses 16 ans, Jean-Pierre avait le luxe de choisir entre le foot et le tennis car il avait un très bon niveau dans les deux. C’est le foot qu’il choisira, cela lui rappelait des souvenirs avec sa mère qui l’emmenait en poussette voir son père jouer.

J’ai appris à connaître mon corps.

Son objectif était juste d’être pro, tout ce qui est arrivé après c’était un plus. Et quel plus ! Il est parti à Vichy puis a été obligé de retourner à Valenciennes, son club d’enfance, une catastrophe pour lui. Finalement, ça a été sa chance !

Grâce à son entraîneur aux méthodes d’entraînements “à l’ancienne”, c’est-à-dire qui apportait une grande importance à la préparation physique, à la dure, il a appris à connaître son corps.

Je ne voulais pas faire comme les autres.

Jean-Pierre a été élevé par sa grand-mère et vers l’âge de ses 13-14 ans, elle lui a dit de ne jamais faire comme son père car il faisait toujours les mauvais choix.

Depuis ce jour, il a fait l’inverse de ce que son père lui conseillait. Même quand Jean-Pierre ne savait pas quoi faire face à un choix, il allait demander l’avis de son père pour pouvoir faire le contraire.

La chance au départ c’est de ne pas être blessé et d’être bon, après tout se construit.

Quand on l’a pris dans le club de Valenciennes, il n’était pas fait pour être titulaire, mais un de ses coéquipiers est parti faire les JO, il est rentré à sa place et il n’est jamais sorti. Pareil pour Bruges l’année d’après, un de ses coéquipiers se blesse, Jean-Pierre est rentré à sa place et il n’est plus jamais sorti.

À la fin de la même année, il y avait la coupe du monde au Mexique à laquelle il ne devait pas participer, car il n’avait jamais joué en France, avait une seule sélection en équipe de France et 5 en espoirs. José Touré se fait les croisés pendant le dernier match du championnat et Jean-Pierre devient le 23ème joueur.

La chance ? Elle lui a plutôt bien souri au fil des années !

À son retour de Bruges, il revient en France pour aller à l’OM, l’Olympique de Marseille. 6 magnifiques années avec 4 titres de Champion de France, une coupe, une demi-finale et une finale de coupe d’Europe le tout couronné d’un ballon d’or en 1991. La légende Papin est née.

Quand tu réfléchis bien, sur la saison entière, je méritais de l’avoir, mais je n’ai jamais joué pour. Quand ils m’ont téléphoné, je pensais que ce n’était pas vrai.

Il n’a pas joué pour être ballon d’or, parce qu’il n’a jamais pensé l’avoir. 

Il y a trop de choses qui ne dépendent pas de soi pour devenir ballon d’or : il faut jouer dans un grand club, il faut être dans les premiers, être bon tout le temps, marquer des buts, être en coupe d’europe, être en equipe de france et cette année là ça a marché pour lui.

Quand on se fait plaisir, on arrive à faire beaucoup de choses.

Puis un jour, il s’est levé sans l’envie de s’entraîner mais juste de jouer. Et à ce niveau, ça n’est pas envisageable. 

Pendant 3 ans il a joué en première division de district, n’a loupé aucun match et le club est monté 3 fois. Là aussi de belles années où les supporters sont passés de 20 à 1 600 personnes, dans une ambiance de folie !

Comme tout sportif, comme tout entreprenant, il a eu besoin qu’on lui parle, qu’on lui apporte du soutien, des mots de réconfort, de l’aide pour gérer tout type de situations. Et ce soutien, il l’a eu auprès de Michel Platini, Alain Giresse, et son père pendant 4 années : Bernard Tapie.

Je pensais que c’était la suite logique

Entraîneur de 2006 à 2010 à Lens, Strasbourg et Châteauroux, il a arrêté pendant 10 ans pour s’attacher au plus important : sa famille. Difficile comme position d’accepter les changements de pays, de région lorsque Jean-Pierre était joueur. 

Jean Pierre est aussi engagé auprès de l’association “Neuf de Coeur” qu’il a créé avec sa femme pour accompagner les familles ayant des enfants atteints de graves lésions cérébrales, comme leur fille Emily. 

Et à partir du moment où j’ai su certaines choses, j’ai fait les choses différemment.

Avec peu d’informations sur la maladie d’Emily, il s’est battu pour obtenir le meilleur traitement, en apprendre plus sur cette maladie et devenir, suite à son passage sur le plateau de Canal+, un soutien de poids auprès de parents dépourvus d’informations. Ce sont plus de 3 000 lettres de parents reçues suite à son passage. C’est ce déclic, cette visibilité et la détresse de nombre d’entre eux qui l’ont poussé à créer l’association.

Il y a plusieurs facettes dans le football, jouer, entraîner mais aussi commenter.

Et c’est ce que fait Jean-Pierre depuis 12 ans, en passant de TF1 à France Télévision puis RTL, Canal+, Direct 8 et enfin Bein Sports.

Aujourd’hui, il a repris son statut d’entraîneur et s’occupe de l’équipe du club de Chartres avec pour objectif faire passer ce club de niveau N2 au niveau L2 dans les 3 ans. Un très beau challenge qui l’attend !

On évoque aussi son classement au Fifa 100, son application Rematch, sa façon de gérer les titres… Un échange tellement passionnant avec un parcours aussi enrichissant !

Je vous laisse découvrir cet épisode et vous souhaite à toutes et à tous, une très belle écoute ! 🙂

À écouter sur

Partager cet épisode

Le Pompon, c’est aussi : 

Épisode 57 – Wiame Benyachou

Épisode 57 – Wiame Benyachou

Au fil du temps, elle assiste à une réunion de sa ville à l’âge de 16 ans, révoltée car la ville ne donnait ni accès à la mobilité, ni à la culture pour les jeunes. Suite à cette réunion, Wiame s’engage dans des mouvements de jeunesse, et c’est comme ça qu’elle découvre qu’elle peut à la fois défendre ses idées et en même temps faire avancer les choses.
Son premier engagement ? Défendre le prix du bus pour les trajets entre la ville et la campagne.

lire plus
Épisode 56 – Thomas Boisserie

Épisode 56 – Thomas Boisserie

Son inspiration pour Les Nouvelles Fermes vient du projet Gotham Green, une ferme hydroponique au-dessus d’un supermarché à Brooklyn. Il s’est penché sur le sujet, a réfléchi à comment le tourner de manière éco-responsable et s’est intéressé à l’aquaponie, un écosystème qui unit le fait de cultiver des végétaux en symbiose avec des poissons.

lire plus
Épisode 55 – Léa Thomassin

Épisode 55 – Léa Thomassin

Le point de départ de son engagement associatif ? C’est grâce à l’un de ses professeurs de terminale, qui avait fait un premier cours sur le développement durable. Léa réalise que c’est un sujet qui fait sens et qu’elle a envie de faire ça : imaginer un modèle d’entreprise compatible avec la planète.

lire plus
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial