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Laure Babin

Zèta

« Savoir que ce que je fais ça a du sens, savoir que je travaille avec une équipe formidable, savoir que même si j’ai un tout petit impact, j’en ai un quand même »

Nelly Pelissier-Hermitte

Le Pompon – Épisode 94

Pour ce 94ème épisode, j’ai le plaisir de recevoir Laure Babin, fondatrice de la marque de basket 100% recyclées Zèta.

Laure a rapidement eu envie d’avoir sa propre entreprise et elle a créé Zèta en 2e année de master à l’IAE de Bordeaux. On revient bien évidemment sur l’aventure de Zèta et sur sa vision à elle. Sa vision de l’impact, de la création d’emploi, du partage, son évolution en tant que personne, au delà de la casquette d’entrepreneure engagée et on parle de ses projets à venir.

On ne grandira jamais autant que quand on mène un projet par soi-même !

Et avant de créer son propre projet, Laure grandit justement à Angers, avec l’envie de travailler dans la mode. Déjà petite elle voulait être styliste et passait son temps à dessiner, à peindre… Un premier pas vers ce métier hyper créatif de styliste ! 

Mais pour travailler dans la mode et faire ses études, la seule option valable était de partir à Paris. Or à 18 ans, Laure préfère rester à Angers donc met la mode de côté. 

Elle commence par un BTS en commerce à Angers puis s’installe à Bordeaux en 2016 pour continuer ses études à l’IAE. 

Ça suffit les stages, j’ai envie que ce soit ma boite à moi !

Son premier stage pendant song BTS, elle le fait dans une entreprise de chaussures aux Pays-Bas (hasard…?) dans le département relation client. Un stage qui se transformera en job étudiant pendant deux ans à distance et lui permettra de bien comprendre les enjeux de la relation client au sein d’une entreprise ! 

Elle aura d’autres stages très formateur : l’un à Paris dans la mode, l’autre dans une entreprise d’espadrilles au Cambodge, puis une de sac à main au Pérou. Autant d’expériences qui lui permettent de mieux comprendre ce secteur et qui lui donnent envie d’avoir son propre projet. 

Ça m’a paru évident d’apporter cette dimension écoresponsable là en créant ma boite, plus qu’une envie c’était une nécessité.

Son projet, du moins celui de Zèta, elle l’initie en 2019 auprès de l’incubateur de l’IAE de Bordeaux en deuxième année de master : entreprendre comme étudiant.e limite le risque, c’est donc le bon moment ! 

Car des projets avant celui-ci, elle en a créé quelques uns ! Une marque de t-shirt, un projet de laverie, un projet d’application de rencontres à l’étranger qui est allé jusqu’à la version beta. Et à chaque fois ça ne marchait pas. Les projets n’étaient pas assez aboutis, elle ou l’équipe n’avait pas les compétences nécessaires… Donc forcément tous ces projets lui ont appris énormément ! 

C’est important d’être accompagné.e quand on se lance seul.e, c’est assez compliqué d’un point de vue émotionnel et psychologique, il y a beaucoup de bas.

Elle est accompagnée par une mentor sur un projet impactant. Fan de sneakers depuis longtemps, l’un des produits les plus acheté au monde (environ 15 milliards de baskets vendues chaque année…), ce secteur est le moyen le “plus simple” d’avoir un impact global. 

Alors elle se lance, fait un benchmark (étude de marché) et ne trouve pas d’entreprise qui produit des baskets 100% recyclées : son défi vient de naitre. Des baskets 100% recyclées : c’est son offre différenciante. 

Bien sûr qu’on a besoin d’argent pour lancer sa boite, mais pour tester l’idée, voir si ça peut fonctionner, c’est de la débrouille !

Avec 200€ en poche, utilisé pour louer la voiture et aller au Portugal, Laure visite des usines qui pourraient produire ses chaussures. Et dès la première : c’est le coup de coeur professionnel ! Une entreprise familiale qui croit au projet, et qui parie sur la réussite de son projet. C’est beau d’avoir des entreprises qui s’aventurent aussi dans de nouveaux projets portés par une envie et surtout la vision d’une personne ! 

Début 2020, elle reçoit son prototype fait à partir de marc de raisin italien (il n’existe pas d’usine par ici qui revalorise ce déchet, du moins pas encore !) et teste ses nouvelles chaussures. Et pour savoir si cela peut intéresser : Laure décide de lancer une campagne Ulule (utile en visibilité, avance de trésorerie) en septembre 2020 avec un objectif de 100 paires vendues. 

Cette campagne, bien boostée par le relai des médias est un véritable succès puisque l’objectif de 100 paires est -très- légèrement dépassé : ce sont 2 700 paires qui sont vendues en un mois ! L’histoire d’ailleurs de la réaction des personnes de l’usine au Portugal est assez drôle à écouter. 

Il y a beaucoup de priorités et à ce moment là, la priorité c’est le recrutement et je ne le vois pas

Cette année 2021, Laure va la passer en flux tendus : pas de vacances, peu de weekends, c’est compliqué d’être sur tous les fronts mais la barque est bien menée. Entre la recherche de nouvelles matières, la communication, l’envoi des baskets, le SAV… Elle court partout sans prendre le temps de recruter. 

Le lancement a dépassé toutes ses espérances et confirme bien évidemment son envie de continuer ce projet qui fait sens. 

Il fait sens pour elle, et aussi pour Guillaume Le Cunff, PDG de Nespresso monde. Un simple message sur Linkedin de la part de Guillaume, beaucoup de recherches pour travailler un nouveau marc, vous l’aurez compris, le marc de café, et le projet Re-Ground voit le jour en 2022 ! 

On est bientôt 7, et créer de l’emploi c’est juste magnifique

7 à s’activer pour faire grandir tous les jours un peu plus la marque. 15 000 paires de baskets ont été vendues depuis la création de Zèta, en France, Belgique, Suisse, Allemagne… mais pas dans des pays lointain comme les USA ou l’Australie ! La demande lui a été faite par une marketplace, mais envoyer par avion une paire pour satisfaire un client Californien… ça ne fait pas vraiment sens !

15 000 paires donc pour bientôt 50 tonnes de déchets recyclés ! 

Je partage peut-être pour montrer que c’est possible

Laure a réussi à fédérer une belle communauté autour de son projet et aussi autour d’elle. Elle partage sa vie d’entrepreneure pour montrer que c’est possible. Elle ne pensait vraiment pas que cela le serait pour elle, et pourtant, en travaillant dur, en s’entourant, elle a réussi ! 

Cette transparence, ce naturel aussi que l’on entend dans le podcast, c’est sa façon d’être et de faire. Elle se l’applique et elle l’applique aussi à l’entreprise en ayant une transparence totale sur le prix de ses baskets, sur les produits utilisés, les lieux de fabrication… une honnêteté qui fait son succès également. 

Il faut se faire confiance. Peu importe là où ira le projet, il faut se faire confiance. J’en avais pas du tout quand je me suis lancé, ni au niveau pro ni au niveau perso.

En fin d’épisode, Laure nous partage ses conseils, ce qu’elle a appris en si peu de temps pour grandir aussi bien en tant qu’entrepreneure mais aussi en tant que personne, un peu plus rapidement !

Alors on parle de confiance, d’organisation, de prise de risque et d’apprentissage. 

Il n’y a pas plus beau métier que celui d’entrepreneur ! Ça c’est sur !

C’est aussi la mise en avant de sa personne que j’ai voulu faire dans cet épisode, comme la plupart des épisodes du Pompon : mettre en avant une personne avant de mettre en avant une entreprise. Bien sûr c’est parfois (souvent) très corrélé quand je reçois un.e entrepreneur.e. Mais je crois que dans cet épisode on arrive bien à distinguer ses valeurs, sa philosophie d’entrepreneure et ce qui l’anime ! 

J’en profite aussi pour saluer les personnes mentionnées dans l’épisode : Shirley Jagle (reçue sur le Pompon), Arnaud Ferrer (Oh bah tiens, reçu également sur le Pompon), Hugo Bentz, Clément Maulavé de Hopaal, Sébastien Kopp de Véja, Yvon Chouinard de Patagonia et les deux podcasts cités : entreprendre dans la mode et le panier !

Un épisode très chouette où l’on échange en toute décontraction avec Laure ! Alors je vous souhaite à toutes et tous une très belle écoute ! 

À écouter sur

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