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Nicolas Thyebaut

Nomads Surfing

« Aujourd’hui on peut être une marque, engagée, éco-responsable et exister dans le paysage du surf et industriel français. »

Thomas Brosset, journaliste et photographe des oiseaux est sur le Pompon !

Le Pompon – Épisode 119

C’est au Showroom de Nomads Surfing, au 182 rue Achard que Nicolas Thyebaut me reçoit. Entourés de planches de surf éco-conçues, de t-shirts, de leash, gourdes et autres accessoires, Nicolas va me partager au micro du Pompon son parcours.

Un parcours au départ vers des entreprises choisies plus pour leur emplacement que leur coeur de business, puis chamboulé par un déclic en Asie du Sud-Est et l’envie d’être utile. 

Enfant du pays, il grandit à Saint-Medard-en-Jalles, fait son lycée à Bordeaux et ses études supérieurs à Kedge. Puis il quitte sa ville natale pour partir loin, très loin, à Toulouse. C’est son stage de fin d’études qui le mène chez Airbus et surtout sa passion du handball. 

Joueur, entraineur et arbitre de handball, il aurait presque pu emprunter cette voie sportive mais l’appel de l’Asie prendra le pas. 

On est en train de surfer et l’océan est recouvert de plastique

Bien installé en Malaisie, Nicolas profite de l’expatriation : voyages dans les plus beaux coins de l’Asie, ouverture d’un bureau pour une PME française sous-traitant d’Airbus, 14 juillet à l’Ambassade de France… une expérience forte à vivre ! 

Et la prise de conscience. 

Surfeur aguerri, il parcourt avec ses potes l’Asie pour surfer dans les plus beaux spots de glisse. Il avait presque l’habitude des plages paradisiaques pleines de déchets, mais c’est quand il va surfer, qu’à chaque coup de rames il ramasse du plastique que l’électrochoc fait effet. Une prise de conscience visuelle et physique.

Ils commencent à consommer moins de plastique mais on leur propose que ça 

Sur place, le constat est le même : les locaux prennent conscience de l’impact désastreux du plastique. Mais comment faire quand la seule option proposée est du plastique ? Des initiatives se mettent en place un peu partout pour protéger, sensibiliser, nettoyer… 

C’est au bout de 4 ans (le fameux cap apparemment !) que Nicolas revient en France avec l’envie, aux côtés de ses deux acolytes Basile et Thomas, d’apporter des solutions plus éco-responsables aux surfeurs. 

Dans tout ce qu’on pouvait trouver : 95% vient d’Asie et 95% est d’origine pétrochimique

L’aventure Nomads Surfing commence à leur retour. Étude de marché, business plan, les deux ingénieurs et le commercial se penchent sur le sujet et l’entreprise voit le jour en septembre 2017. Les trois cofondateurs gardent leurs emplois respectifs, Nicolas est d’ailleurs le seul en France au lancement, et les premiers prototypes voient le jour !

Car en 2017, il n’existait aucune alternative éco-responsable sur le marché. Ces trois passionnés de l’océan, car c’est surtout de lui dont il est question, créent d’abord des planches, et se posent toujours la question “est-ce qu’on peut éco-concevoir et fabriquer localement ?”. 

On n’a pas levé d’argent, pas d’emprunt bancaire, toujours sur nos capitaux propres ! On est une boite rentable et ça c’est cool !

La boite se construit petit à petit, les 30 premières planches sont produites, le site est créé par un ami, la première se vend le soir du nouvel an à un ami…

Et rapidement ils vont au delà du surf avec les accessoires pour que leur proposition soit globale et leur impact plus important. 

Face à eux les portes des surf shops se ferment mais les encouragements sont nombreux : tout ce qu’il faut pour booster l’équipe. 

Il y a des déchets qui existent qu’on doit pouvoir revaloriser pour confectionner nos produits

Des ailerons en filets de pèche, des accessoires en plastique recyclé… Basile se charge de la Recherche et Développement pour essayer de repenser au mieux l’industrie du surf. 

Leurs produits sont fait en partie au Portugal car il n’existe pas de possibilité de le faire en France. C’est au plus proche.

Preuve de leur engagement important, ils ont été en 2022 labellisé Bcorp, LE label qui met en avant les entreprises engagées écologiquement et socialement !

Dès le début on s’est dit : on va soutenir des assos qui s’engagent sur la protection de l’océan et la sensibilisation

C’est un des points crucial de leur engagement : celui auprès des associations. Fervents défenseurs de l’océan, qui est notre premier puit de carbone et émetteur d’oxygène, un élément essentiel à notre survie sur Terre, ils s’engagent à reverser une partie de leurs ventes à des associations.

L’océan justement, capte près de 60% du CO2 mondial, c’est une source de vie incroyable et dont dépendant 3,5 milliards d’humains sur Terre. Il peut sembler loin, parfois invisible, mais c’est une nécessité absolue de le préserver. 

D’abord engagés auprès de Project Rescue Ocean, ils ont carrément créé un fonds de dotation “Nomads Ocean Care” pour collecter les dons d’entreprises et les reversés aux associations qui s’activent sur le terrain. 

On s’appuie sur 3 piliers : la dépollution, la sensibilisation et la reforestation (replanter des coraux)

Et c’est ce qui fait leur réussite : un modèle hybride basé sur le business modele de la vente d’articles de surf, sur cette sensibilisation qu’ils intègrent en partie maintenant pour aller former et accompagner des entreprises, et la partie événementielle. Cette année, l’équipe a organisé la troisième édition des Ocean Days ! Un événement de sensibilisation à la préservation de l’océan au coeur du temple de la consommation : la Promenade Sainte-Catherine à Bordeaux.

Un festival sur 4 jours avec entre autres un concert de Jérémy Frérot (reçu ici sur le Pompon !). 

Demain si vous allez faire un surftrip, essayez de voyager différemment, vous pouvez voyager de manière intelligente, donner du temps à des assos, à des gens qui se battent sur le terrain

C’est en partie ce qu’ils racontent sur leur documentaire Netflix ! Eh oui, en 2022 le documentaire No Mad a été diffusé sur la plateforme, Nicolas nous raconte dans l’épisode cette belle aventure ! 

On me souffle d’ailleurs dans l’oreillette qu’un potentiel documentaire est de nouveau en cours… 

En France on dit souvent tu prends un risque, je préfère le take a chance

Comme d’autres autour de lui, de plus en plus d’entrepreneurs “take a chance”. On parle de Laure avec Zeta, de Clément avec Hopaal ou de Nathalie avec Gimmic Design : des entreprises engagées, qui pensent le business différemment pour respecter le vivant. 

Et bien sûr tous ses collègues de l’Arche écosystème qui agissent pour un nouveau modèle : Bicycompost, Les Nouveaux potagers, Servi en local, Break Out Company. Un lieu de travail et de vie hyper sympa au coeur de Bacalan, à découvrir via les apéros du lieu une fois par mois ! 

C’est un très bel épisode enregistré avec Nicolas. Je suis ravi d’avoir partagé son histoire, son parcours, ses engagements sur le Pompon et de montrer que l’on peut faire les choses proprement et être une boite rentable ! 

Je te souhaite une très belle écoute ! 

À écouter sur

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